Quelle connexion internet faut-il vraiment pour regarder en 4K ?

On vous vend de la fibre à 1 Gb/s pour regarder la télévision. Dans les faits, un flux 4K demande beaucoup moins — mais il demande autre chose que du débit brut.

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Quelle connexion internet faut-il vraiment pour regarder en 4K ?

C'est la question qui revient le plus souvent avant un abonnement : « est-ce que ma connexion va tenir ? » La réponse tient rarement dans le chiffre affiché par votre opérateur. Un abonnement à 1 Gb/s peut donner une image qui saccade, et une vieille ligne à 20 Mb/s peut diffuser de la 4K sans le moindre accroc. Voici pourquoi.

Les débits réellement nécessaires

Un flux vidéo consomme une bande passante à peu près constante. Les ordres de grandeur, par flux et par écran :

  • SD (480p) — 2 à 3 Mb/s. Suffisant pour une chaîne d'information sur une tablette.
  • HD (720p) — 5 Mb/s.
  • Full HD (1080p) — 8 à 12 Mb/s. C'est le format le plus courant aujourd'hui.
  • 4K (2160p) — 18 à 25 Mb/s selon le codec utilisé.

Autrement dit, une ligne à 30 Mb/s stable diffuse de la 4K sans difficulté. Le problème n'est presque jamais le plafond de débit : c'est ce qui se passe en dessous de ce plafond.

Le débit moyen ne dit rien de la stabilité

Un test de vitesse vous donne une moyenne sur dix secondes. Un flux vidéo, lui, a besoin d'un débit régulier pendant deux heures. Une ligne qui affiche 200 Mb/s mais qui s'effondre à 3 Mb/s pendant quatre secondes toutes les deux minutes produira une image qui se fige — alors que le test de vitesse restera excellent.

Ces chutes ont presque toujours la même origine : le Wi-Fi. Micro-ondes, murs porteurs, voisins sur le même canal, appareil trop éloigné du routeur. Nous détaillons les cas de figure dans notre guide sur le choix de la liaison entre la box et le téléviseur.

Ce qu'il faut vérifier avant de souscrire

1. Le débit descendant réel, au bon endroit

Faites le test depuis l'appareil qui servira à regarder, à l'endroit où il sera posé. Un test fait sur l'ordinateur du bureau, à deux mètres de la box, ne vous apprend rien sur le téléviseur du salon situé derrière deux cloisons.

2. La latence et la gigue

La latence (ping) mesure le temps de réponse ; la gigue mesure sa variation. En dessous de 40 ms de latence et 10 ms de gigue, tout va bien. Au-delà de 100 ms de gigue, attendez-vous à des coupures régulières même avec un gros débit. Notre guide sur le ping et son optimisation explique comment le réduire.

3. Le nombre d'écrans simultanés

Les débits s'additionnent. Deux téléviseurs en Full HD, plus un adolescent qui joue en ligne, plus un téléchargement en arrière-plan : comptez large. La règle simple : additionnez les besoins de chaque usage, puis ajoutez 50 % de marge.

Les codecs changent la donne

Un même programme en 4K peut demander 25 Mb/s en H.264 et seulement 15 Mb/s en H.265. Le codec, c'est la méthode de compression : plus elle est efficace, moins il faut de débit pour la même qualité. Si votre appareil est ancien et ne décode pas le H.265, il recevra une version plus gourmande. C'est expliqué en détail dans notre guide sur les codecs.

Le cas des connexions mobiles et satellite

La 4G et la 5G offrent souvent d'excellents débits, mais avec une variabilité forte selon l'heure et la charge de l'antenne. C'est jouable pour de la HD, plus risqué en 4K aux heures de pointe. Le satellite, lui, souffre d'une latence structurellement élevée : la vidéo passe, mais le démarrage des flux est lent.

En pratique

Si votre ligne dépasse 25 Mb/s de manière stable et que le téléviseur est relié en Ethernet ou en CPL, il n'y a aucune raison que ça ne fonctionne pas. Si vous avez un doute, le plus honnête reste de tester : vingt-quatre heures d'essai sur votre propre connexion valent tous les calculs théoriques. C'est exactement pour ça que l'essai existe.

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